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Sidi Bou Saïd est de ceux-là, enclave de douceur et de spiritualité dans une époque de bruits. :
Le petit village blanc et bleu n'a cependant rien d'un nid d'aigle, et ses ruelles, pour escarpées qu'elles soient, sont accueillantes aux visiteurs. Là, les jardins offrent aux passants la gloire des bougainvillèes, les portes ne sont qu'à demi-ferm.es et les terasses s'offrent à tous les regards.
Et pourtant ! Il régne sur Sidi Bou Saïd unr certaine réserve, une certaine qualité de silence, une certaine densité de lumière, une certaine maîtrise des choses, qui font que ce village ne se livre qu'aux seuls initiés. Que rien ne transparaît de son âme si on ne l'a pas apprivoisée. Et que les hordes bruyantes qui l'investissent à l'heure de la sieste ou à la tombée de la nuit, envahisseurs d'ici ou d'ailleurs, ne découvrent du village que ce qu'il veut bien donner à voir: une apparence de joliesse, un cliché chromo bien léché qui cache plus qu'il ne montre.
Sidi Bou Saïd est de ces lieux magiques qu'il faut mériter, dont il faut se mettre à l'ecoute, où il faut savoire se taire, regarder, sentir. Les jeux d'ombres et de lumières y sont à nul autre pareils. Les vieilles pierres se font loquacs pour qui sait y lire les mémoires oubliées
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